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Des Marocain(e)s se déclarent «Hors-la-loi» contre la criminalisation des relations sexuelles hors mariage

«Chaque jour, je me rends coupable d’aimer et d’être aimée. Chaque fois qu’une femme est arrêtée, je me rends complice. Je me dis : ça aurait pu être moi… Puis je me tais, je passe mon chemin, je m’efforce d’oublier… Mais je n’y arrive plus. Je n’en peux plus. Car mon corps m’appartient, il n’appartient […]

«Chaque jour, je me rends coupable d’aimer et d’être aimée. Chaque fois qu’une femme est arrêtée, je me rends complice. Je me dis : ça aurait pu être moi… Puis je me tais, je passe mon chemin, je m’efforce d’oublier… Mais je n’y arrive plus. Je n’en peux plus. Car mon corps m’appartient, il n’appartient ni à mon père, ni à mon mari, ni à mon entourage, ni aux yeux des hommes dans la rue, et encore moins à l’Etat». Dans Le Monde, ce texte de l’écrivaine Leila Slimani et de la cinéaste Sonia Terrab, approuvé par 490 signataires, écrit à l’occasion du procès qui reprend aujourd’hui de la journaliste marocaine Hajar Raissouni qui risque jusqu’à deux ans de prison ferme pour «avortement» et «débauche», dénonce l’immense hypocrisie d’un pays liberticide. Les signatures restent ouvertes pour rejoindre le collectif qui demande à l’Etat marocain d’ouvrir un débat sur les libertés individuelles et la dépénalisation des relations sexuelles.

L’article 490 du code pénal marocain punit «d’emprisonnement d’un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n’étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles». Quant à l’article 453 du code pénal, il punit l’avortement sauf dans le cas où la vie de la mère est en danger. Il prévoit jusqu’à deux ans de prison pour une femme qui se fait avorter, de un à cinq ans pour quiconque pratique un avortement sur autrui. Pour rappel, au Maroc, entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon des estimations d’associations. (Illustration par Dina Benbrahim).

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