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En attendant le printemps

En attendant le printemps

Un hiver glacial, ou infernal ; nul ne pouvait choisir, nul n’aurait voulu choisir entre vivre dans un gouffre convertit en néant, ou un purgatoire révélant les limbes de l’existence.

On se trouvait, ici, là-bas, partout même ; sauf là où on voulait être. 

Ici, où nos âmes échaumaient la froideur des murs qui les entouraient,  

Là-bas, où nos voix assourdis ne réveillaient que l’effritement des feuilles mortes de nos jours , de nos mois , de notre vie.

Partout, où notre chaire s’attisait, s’envenimait, et s’attiédissait par des morsures, des balafres, et des brulures aussi flagrantes que notre envie de s’esquiver.

Je me trouvais par-ci,  par-là , éparpillée sur un pavillon d’émotions ivres , de cœurs étourdis et d’illusions affolées.

Ici, où mon âme, qui auparavant énumérait les passants, n’était plus qu’un motel aux fantômes de mes rêves passés.

Là-bas, où ma voix émaciée ne chansonnait que l’hymne des saisons perdues.

Partout, où ma chaire ne ressentait plus que les meurtrissures des tromperies, oubliant les effleurements des amours passés.

Stuck in between the never-ending sceneries to what seems like an everlasting season.

I  long for the warmth of a sun-like touch.

Une âme qui ne tenait que sur un fil , qui criait à plein poumon , pour ne rien dire

Mon âme n’était plus morose , elle était devenue discrète.

In between the cold hard ground of betrayal, and the fallings leaves of what should have been the seeds of an incessant love. 

I was there,

 like a stepped-on flower breaking her petals through the cracks of a concrete road.

I long for the blithe of an idyllic peace.

Un paradis qui remplissait l’immensité du deuil que devenait chaque regard parlant, chaque parole nue

Mon paradis n’était que des fleurs qui grandissaient à contre courant.

In between the brown and the beige, the crumbles and the wind who seemed to carry everything but the burden on my shoulder

I was there,

Like a rock stuck in a cotton field, not knowing where home is, not knowing what home is, never knowing who home is.

 Des couleurs d’un arc-en-ciel qui ne vivait qu’au temps des hirondelles 

 Mon arc-en-ciel n’était plus qu’une plume blanche entre les doigts d’un papillon naufragé 

I was there , a feather in my hand , waiting for spring , waiting for my spring.

Ma présence ne faisait que rêvasser de tulipes et d’horizon 

J’était là , présente , à attendre le printemps , à attendre mon printemps.