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Pétrole : pourquoi le prix du baril a chuté ?

Pétrole : pourquoi le prix du baril a chuté ?

Ce lundi, les cours du pétrole ont connu une chute vertigineuse. Même ceux qui ne se sont jamais intéressés à la bourse ont passionnément suivi cet effondrement spectaculaire. En effet, le cours est passé en territoire négatif pour la première fois de l’histoire.

 Il y a quinze ans à peine, les experts parlaient du «pic pétrolier», lequel désignait un niveau maximum d’extraction mondiale de pétrole, amenant les gisements à s’épuiser et entraînant par la suite des hausses des prix. Aujourd’hui en début de soirée, le WTI qui est la référence du brut américain cotait moins de 0.5 dollar avant de basculer à -37.63 quelques heures après, sachant qu’il n’est jamais tombé en dessous de 10 dollars même pendant la crise financière 2008-2009. Qui dit mieux ?

Comme on le sait tous, la variation des prix est fortement liée au concept de l’offre et la demande. Si la demande d’un bien est inférieure à son offre, son prix généralement baisse. Sinon, dans le cas contraire, il augmente bien évidemment. C’est ce qui est arrivé au pétrole.

Avant la pandémie, la production journalière arrivait jusqu’à 100 millions de barils par jour. Aujourd’hui, l’activité industrielle et les déplacements s’étant restreints à cause de la pandémie, la demande mondiale a littéralement chuté. Selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), les producteurs se sont entendus sur réduction en mai et juin à hauteur de 10 millions de barils par jour. Cependant, le consensus ne suffisait clairement pas à réguler l’abondance de l’offre face l’écroulement de la demande.

Aussi faut-il tenir compte de l’implication de l’Arabie Saoudite aussi dans cette augmentation d’offre. Pour obtenir un maximum de part de marché, elle a déclaré la guerre des prix contre la Russie en ouvrant ses vannes d’or noir à bas coût.    

A cela, s’ajoute le problème de stockage. Les prix en baisse ont ouvert l’appétit aux courtiers qui se sont emparés des stocks de barils pas chers. Mais hélas, les réserves ont alors bondi en s’accaparant cruellement d’une grande partie de la capacité de stockage. Par ailleurs, en ce qui concerne le signe négatif des prix, on l’explique par le fait que le contrat pour livraison en mai sur le marché à terme (tel que le marché boursier) à amener les vendeurs à liquider à tout prix. Quitte à payer les acquéreurs pour s’en débarrasser.